## 2. Hauteur, notes et octave La hauteur dit si un son est aigu ou grave, et la musique occidentale découpe cette dimension en douze notes qui reviennent, sous les mêmes noms, à chaque octave. Source: https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes Niveau: Débutant · Son · 6 sections Avant ce chapitre: Fondamentaux de la Théorie Musicale ### Le son et la vibration https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sound-and-vibration > Écoutez ces deux sons. Tous deux viennent de la même chose qui vibre — une fois lentement, une fois rapidement. Lequel provient de la vibration la plus rapide ? Répondez avant de poursuivre. **Joue:** Premier son (A2) · Second son (A4) Faites glisser le curseur sur l’affichage. L’onde qui y est tracée se resserre quand vous allez vers la droite et s’étire quand vous allez vers la gauche, et le nombre en dessous indique combien de fois par seconde elle se répète. Cet affichage est muet, comme la bande qu’il dessine : ce que vous avez entendu venait des boutons ci-dessus, et sur ce site tout ce qui produit un son l’envoie à la barre en bas de l’écran. | Son | Vibrations par seconde | Ce que vous entendez | | --- | --- | --- | | La | 110 Hz | Grave — la corde de la à vide d’une guitare | | La | 440 Hz | Quatre fois plus rapide, et bien plus aigu — le la sur lequel un orchestre s’accorde | **hauteur** **Définition.** La hauteur dit si un son est aigu ou grave, et elle dépend de la vitesse à laquelle la source vibre : plus la vibration est rapide, plus le son est aigu. Rien d’autre dans le son n’en décide. Une corde, une colonne d’air, une peau de tambour, la membrane d’un haut-parleur — chacune va et vient, pousse l’air autour d’elle selon le même motif, et votre oreille compte ce motif. Rendez la corde plus courte, plus tendue ou plus fine et elle fera davantage d’allers-retours par seconde : le son que vous entendez monte. Ce décompte a une unité. Un hertz vaut un aller-retour complet par seconde, et les deux sons ci-dessus sont à 110 Hz et 440 Hz. Vous n’entendrez pas le nombre, et vous n’en avez jamais besoin : l’intérêt de l’unité est qu’un mot vague comme « plus aigu » se révèle être une quantité précise, et que tout le reste de ce chapitre découle d’opérations arithmétiques sur elle. L’intensité est une tout autre affaire, et on la confond facilement avec celle-ci. Un son peut devenir beaucoup plus fort sans monter ni descendre d’un cheveu, car l’intensité tient à l’amplitude du mouvement de la source, non à sa fréquence. Jouez l’un ou l’autre des boutons deux fois à des volumes différents sur vos enceintes : la hauteur ne bougera pas. **Bon à savoir** - (Fait) La hauteur et la fréquence vont toujours dans le même sens, sans exception. De deux sons quelconques, celui dont la source vibre le plus de fois par seconde est le plus aigu des deux, quel que soit l’instrument qui l’a produit et quel que soit son volume. - (Convention) Le la au-dessus du do du milieu est fixé à 440 Hz comme référence à partir de laquelle se construit tout le reste de l’accordage. C’est un accord entre humains plutôt qu’une propriété de la note : il a été arrêté internationalement au XXe siècle, beaucoup d’orchestres s’accordent encore un peu plus haut, à 442 ou 443 Hz, et les ensembles baroques emploient couramment 415 Hz. **Vous le savez déjà** - La hauteur, le premier des quatre éléments — l’extrait où la seule chose qui changeait était le degré d’acuité du son — https://musictheory.center/fr/cours/fondamentaux#the-four-elements **Où cela mène** - La distance entre deux hauteurs, comptée et nommée — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles - L’intensité — l’amplitude du mouvement de la source plutôt que sa fréquence — et les signes qui en demandent plus ou moins à l’instrumentiste — https://musictheory.center/fr/cours/orchestration **Dans la musique réelle** - Richard Strauss — “Ainsi parlait Zarathoustra” — la pédale d’orgue tenue sous la première mesure est à peu près la vibration la plus lente qu’emploie la musique enregistrée, et l’appel de trompette qui s’élève au-dessus est à plus de deux octaves — les deux boutons ci-dessus, joués par un orchestre - Wolfgang Amadeus Mozart — “Air de la Reine de la Nuit” — les sauts piqués vers la fin atteignent une note qui vibre environ quatre fois plus vite que la ligne de basse en dessous ; guettez les quatre brèves piqûres au sommet de la phrase **Leçon:** https://musictheory.center/fr/lecons/notes-musicales **Essayez sur votre instrument:** Trouvez la note la plus grave que votre instrument puisse jouer et tenez-la, puis trouvez la plus aiguë et tenez-la aussi. S’il a des cordes, regardez-en une pendant qu’elle sonne : sur la note grave, on la voit souvent bouger. **Vérification:** Deux sons, l’un après l’autre. La source du second vibrait-elle plus vite ou moins vite que celle du premier ? - Moins vite **(correct)** — Exact. Le second son était le plus grave des deux, et plus grave signifie toujours moins de vibrations par seconde : 220 Hz contre les 440 du premier. - Plus vite — Une vibration plus rapide rend le son plus aigu, or le second est descendu. Rejouez le bouton et fredonnez avec chaque note à tour de rôle — votre propre voix devra se détendre vers le grave pour la seconde. - À la même vitesse — Deux sons qui vibrent à la même vitesse ont la même hauteur et seraient ici indiscernables. Ces deux-là sont nettement éloignés : le second est exactement à la moitié de la vitesse du premier. ### Aigu et grave https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#high-and-low > Écoutez les deux premiers. Ils se ressemblent au point que la plupart des gens les appellent le même son, et pourtant l’un est manifestement plus aigu. Écoutez ensuite le troisième, qui monte de l’un à l’autre. Qu’est-ce qui est resté identique ? **Joue:** Le plus grave des deux (C3) · Le plus aigu des deux (C4) · La montée de l’un à l’autre (C3 D3 E3 F3 G3 A3 B3 C4) Trente-six degrés, du do sous le do du milieu jusqu’au si deux octaves plus haut, disposés régulièrement et colorés d’un bout du spectre à l’autre. Faites glisser le doigt sur la bande pour entendre la montée — elle joue par sa propre voix et non par la barre du bas, de sorte que les boutons ci-dessus restent ce que la barre conserve. Rien n’est tassé dans le grave et rien n’est étiré dans l’aigu : à l’oreille, chaque pas sur la bande a la même taille. | Son | Où il se situe | Vibrations par seconde | | --- | --- | --- | | Do | Le do le plus proche sous le do du milieu | 131 Hz | | Do | Le do du milieu, près du centre d’un clavier de piano | 262 Hz | | Do | Le do le plus proche au-dessus du do du milieu | 523 Hz | **registre** *aussi appelé*: tessiture (quand on parle de toute l’étendue qu’un instrument ou une voix peut atteindre, plutôt que d’une portion de celle-ci) **Définition.** Le registre est la portion de l’étendue grave-aigu d’où vient un son — qu’il se situe près du bas de ce que l’instrument peut atteindre, près du haut, ou quelque part au milieu. L’aigu et le grave forment une seule et même dimension, et cela mérite d’être dit clairement car les représentations de la musique le montrent rarement ainsi. Il y a une route, elle va des vibrations lentes aux vibrations rapides, et tout son jamais produit se situe quelque part le long de cette route. La bande ci-dessus, c’est cette route dépliée : glissez dessus et le son monte sans jamais quitter la ligne. Le troisième bouton parcourt la même portion mais s’arrête à chaque échelon nommé — sept d’entre eux et le retour, ce qui forme une [gamme majeure](https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale), et le chapitre 7 explique pourquoi ces sept-là en particulier. Deux conséquences. La première : « plus aigu » n’est jamais affaire d’opinion — de deux sons, l’un vibre plus vite, et celui-là est le plus aigu. La seconde est la chose étrange que vous venez d’entendre : montez assez loin sur la route et vous arrivez à un son qui semble être celui que vous avez quitté, en plus aigu. Les deux do des boutons ci-dessus n’ont pas la même hauteur, personne ne les confondrait, et pourtant presque tout le monde les appelle la même note. Ce retour n’est ni une illusion ni une affaire de goût. Il se produit à une distance fixe, il se reproduit encore et encore jusqu’en haut, et c’est pour cela qu’un clavier de quatre-vingt-huit touches n’a besoin que de sept noms. La section suivante porte sur cette distance. **Bon à savoir** - (Convention) Chaque note de ce cours porte un chiffre : Do est le do du milieu, Do le do en dessous, Do le do au-dessus. Le chiffre change au do et non au la, de sorte que Si et Do sont voisins. Sans le chiffre, « do » désigne huit sons différents sur un piano et aucun lecteur ne peut savoir lequel est visé. - (Fait) Le do du milieu vibre environ 262 fois par seconde. Le do à l’octave au-dessus est à environ 523, et celui à l’octave en dessous à environ 131 — chaque échelon de l’échelle double le décompte au lieu de lui ajouter une quantité fixe. - (Tendance — le chant à l’unisson dans le répertoire occidental et populaire, où les deux voix sont entendues comme un doublement et non comme une harmonisation) On entend une mélodie comme la même mélodie quand on la déplace en bloc vers le haut ou vers le bas : un homme et une femme qui chantent « le même » air ensemble sont généralement à une octave d’écart, et ni l’un ni l’autre ne pense chanter des notes différentes. **Vous le savez déjà** - La hauteur comme vitesse d’une vibration — les deux sons à 110 Hz et 440 Hz — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sound-and-vibration **Où cela mène** - Le registre comme choix : quel instrument reçoit quelle portion de l’étendue — https://musictheory.center/fr/cours/orchestration **Dans la musique réelle** - Queen — “Bohemian Rhapsody” — la section a cappella du début empile la même voix dans plusieurs registres à la fois ; la ligne la plus grave et la plus aiguë chantent les mêmes quelques notes très éloignées l’une de l’autre - Giacomo Puccini — “Nessun Dorma” — le « vincerò » final grimpe au sommet du registre de ténor et s’y maintient — l’effort que vous entendez est celui d’un chanteur travaillant tout au bout de sa route **Essayez sur votre instrument:** Jouez le do le plus grave que votre instrument puisse atteindre, puis chaque do au-dessus à tour de rôle, jusqu’au plus aigu. Comptez combien vous en avez trouvé. Jouez-en ensuite un et chantez-le, et remarquez si vous avez chanté celui que vous avez joué ou l’un des autres. **Vérification:** Trois sons à la suite. Lequel provient de la vibration la plus rapide ? - Le premier — Le premier était le plus grave des trois, donc le plus lent — environ 131 vibrations par seconde. Grave et lent sont le même énoncé dit deux fois. - Le deuxième **(correct)** — Exact. Le deuxième son était le plus aigu des trois, donc le plus rapide : environ 523 vibrations par seconde, contre 131 pour le premier et 262 pour le troisième. - Le troisième — Le troisième s’est posé entre les deux autres, ce qui correspond exactement à l’impression qu’il donnait : environ 262 vibrations par seconde, le double du premier et la moitié du deuxième. Les trois sont des do, chacun à la même distance du suivant — la distance dont traite la section suivante. ### L’octave https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave > Écoutez ces deux boutons. Le premier fait sonner les deux notes ensemble, le second l’une après l’autre. Avant de poursuivre, répondez à ceci à propos du premier : combien de choses y sonnent — une, ou deux ? **Joue:** Les deux à la fois (C4 C5) · L’une après l’autre (C4 C5) Le do du milieu et le do au-dessus, sonnés ensemble. Le supérieur vibre exactement deux fois plus vite que l’inférieur, et ce rapport de deux à un est tout ce qu’est cette distance. C’est le seul intervalle de la musique que les gens entendent couramment comme un seul son plutôt que comme deux. | Note | Vibrations par seconde | Comparé au do du milieu | | --- | --- | --- | | Do | 65 Hz | Le quart de la vitesse — deux octaves en dessous | | Do | 131 Hz | La moitié de la vitesse — une octave en dessous | | Do | 262 Hz | Le do du milieu | | Do | 523 Hz | Le double de la vitesse — une octave au-dessus | | Do | 1047 Hz | Quatre fois la vitesse — deux octaves au-dessus | **octave** **Définition.** Une octave est la distance entre une note et la note du même nom immédiatement au-dessus ou en dessous — l’intervalle auquel la fréquence d’un son double exactement. Le doublement est toute la définition, et c’est de l’arithmétique et non une opinion. Le do du milieu fait environ 262 vibrations par seconde ; doublez et vous obtenez 523, qui est le do au-dessus. Doublez encore pour le do suivant, divisez par deux pour le do en dessous. Rien d’autre en musique n’est aussi simple, et rien d’autre n’est aussi universel : c’est le doublement qui fait fusionner les deux sons, car chaque vibration de la note grave est rencontrée par exactement deux de la note aiguë, encore et encore, sans jamais dériver. Voilà pourquoi un clavier de quatre-vingt-huit touches n’a besoin que de sept noms. Les noms s’épuisent après sept puis recommencent, car à l’octave l’oreille est revenue à son point de départ : une nouvelle série de noms décrirait une différence que personne n’entend. Le chiffre à la fin du nom — le 4 de Do — est la seule chose qui distingue un do d’un autre. Gardez deux faits côte à côte et tout le reste du chapitre en découle. Deux notes à l’octave n’ont pas la même hauteur, puisque l’une est nettement plus aiguë. Elles sont la même note, puisque tout en elles concorde sauf le [registre](https://musictheory.center/fr/cours/orchestration#register-and-range). La théorie musicale prend le second de ces faits au sérieux et bâtit tout dessus. **Bon à savoir** - (Fait) Doubler la fréquence d’un son l’élève d’exactement une octave ; la diviser par deux l’abaisse d’exactement une octave. Le rapport est de 2:1, et c’est le rapport le plus simple dans lequel deux hauteurs différentes puissent se tenir, ce qui explique que l’octave se fonde plus complètement que tout autre intervalle. - (Convention) La notation occidentale donne aux deux notes d’une octave le même nom et les distingue par un chiffre — Do, Do, Do — au lieu d’inventer des noms séparés. Le mot « octave » lui-même compte des noms de notes et non des échelons : de do à do, cela fait huit noms, do ré mi fa sol la si do. - (Tendance — l’arrangement dans la musique occidentale populaire et orchestrale ; le chapitre 18 y revient en détail) On double une ligne à l’octave pour l’épaissir et non pour l’harmoniser : une basse et un synthétiseur à une octave d’écart, ou une flûte au-dessus d’un violon, s’entendent comme une seule ligne dotée de plus de corps, et non comme deux parties. **Vous le savez déjà** - La montée d’un do au do au-dessus, et le son qui semblait revenir — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#high-and-low - La fréquence en hertz — le nombre qui est en train de doubler — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sound-and-vibration **Où cela mène** - L’octave comme le plus large des douze intervalles simples, et ce que produit son renversement — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles **Dans la musique réelle** - Harold Arlen — “Somewhere Over the Rainbow” — les deux premières syllabes, « Some-where », sautent une octave entière — l’exemple le plus cité qui soit, et la raison pour laquelle la chanson s’ouvre si largement - Nacio Herb Brown — “Singin’ in the Rain” — les deux premières notes du titre chanté, « I’m sing- », font un saut d’octave ; la mélodie redescend ensuite à travers l’écart qu’elle vient de creuser **Essayez sur votre instrument:** Jouez n’importe quelle note sur votre instrument, puis trouvez la note du même nom la plus proche au-dessus et jouez-les ensemble. Faites-le depuis trois notes de départ différentes, et guettez l’instant où les deux cessent de sonner comme deux choses. **Vérification:** La note que vous allez entendre vibre environ 262 fois par seconde. Quelle note vibre environ 523 fois par seconde — deux fois plus vite ? - Do5 **(correct)** — Exact. Doubler la fréquence élève un son d’exactement une octave : deux fois plus vite que do4, c’est do5 — le même nom, le chiffre suivant. Rien d’autre dans la note n’a changé. - Sol4 — Sol4 est plus aigu que do4, la direction est donc bonne, mais il n’est qu’environ une fois et demie plus rapide — un rapport de 3 à 2 plutôt que de 2 à 1. Cet intervalle est la quinte juste, et vous la rencontrez au chapitre 5. - Do3 — Do3 est le bon nom et la mauvaise direction. Il vibre à la moitié de la vitesse de do4, environ 131 fois par seconde, ce qui le place une octave en dessous et non au-dessus. Diviser par deux abaisse ; doubler élève. ### Les douze notes https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-twelve-notes > Écoutez ceci. La montée va d’un son jusqu’à celui que vous appelleriez le même, plus haut, et elle s’arrête à tous les échelons qui existent en chemin. Comptez les échelons. Écoutez ensuite le second bouton, qui est la même échelle en descente. **Joue:** Tous les échelons de do à do (C4 C#4 D4 D#4 E4 F4 F#4 G4 G#4 A4 A#4 B4 C5) · Les mêmes échelons, en descendant (C5 B4 Bb4 A4 Ab4 G4 Gb4 F4 E4 Eb4 D4 Db4 C4) Douze pas du do du milieu au do au-dessus, et un treizième son qui est à nouveau le premier. Quand la portée est affichée, elle dessine la montée telle que le premier bouton la joue, avec des dièses ; dans tous les cas le tableau ci-dessous donne les deux écritures de chaque pas, et la section suivante dit laquelle employer quand. | Pas au-dessus du do du milieu | Écrit avec des dièses | Écrit avec des bémols | | --- | --- | --- | | 0 | Do | Do | | 1 | Do♯ | Ré♭ | | 2 | Ré | Ré | | 3 | Ré♯ | Mi♭ | | 4 | Mi | Mi | | 5 | Fa | Fa | | 6 | Fa♯ | Sol♭ | | 7 | Sol | Sol | | 8 | Sol♯ | La♭ | | 9 | La | La | | 10 | La♯ | Si♭ | | 11 | Si | Si | | 12 | Do | Do | **gamme chromatique** **Définition.** La gamme chromatique, ce sont les douze notes d’une octave jouées dans l’ordre, un échelon à la fois, depuis n’importe quelle note de départ jusqu’à la même note une octave plus haut ou plus bas. Douze est le nombre à retenir de tout ce chapitre. L’octave est découpée en douze pas égaux, ces douze-là sont toutes les hauteurs qu’emploie la musique occidentale, et tout ce qui se bâtit au-dessus — chaque [gamme](https://musictheory.center/fr/cours/gammes#what-a-scale-is), chaque accord, chaque [tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is) — est une décision sur lesquelles des douze utiliser et lesquelles laisser de côté. Le treizième son du bouton ci-dessus n’est pas une note nouvelle ; c’est à nouveau le premier, une octave plus haut, et le motif se répète de là dans les deux sens aussi loin que va l’instrument. Égaux s’entend au sens strict, et de la bonne façon. Chaque pas multiplie la fréquence par la même quantité, environ 1,0595, au lieu de lui ajouter un nombre fixe de hertz, et douze de ces multiplications tombent exactement sur le double. C’est pourquoi la bande de la section précédente n’est tassée à aucune extrémité : à l’oreille, les pas sont égaux jusqu’en haut, alors même que l’écart en hertz entre deux notes aiguës voisines vaut plusieurs fois celui qui sépare deux notes graves voisines. Sept des douze portent un nom propre et les cinq autres non : c’est la part bancale, et celle sur laquelle tout le monde trébuche. Le tableau donne les deux manières d’écrire les cinq sans nom — haussées depuis le nom du dessous, ou abaissées depuis celui du dessus. L’outil ci-dessus montre le même découpage à l’œuvre : parcourez la première étape et le son glisse sans rupture, puis regardez les lignes de partage apparaître et le son commencer à se poser dessus. **Bon à savoir** - (Fait) Douze pas égaux remplissent exactement une octave. Chaque pas multiplie la fréquence par la racine douzième de deux — environ 1,0595 — et douze multiplications par ce nombre la doublent. - (Convention) Une montée chromatique s’écrit normalement avec des dièses et une descente avec des bémols, ce qui explique que les deux boutons ci-dessus ne soient pas écrits de la même façon. Tous deux font sonner des notes identiques ; l’écriture suit le sens du déplacement. - (Convention) Douze est un choix, non une loi de l’acoustique. Diviser l’octave en douze parts égales est l’accordage pour lequel presque tous les instruments occidentaux sont fabriqués et réglés, et il n’est devenu la norme qu’au fil des XVIIIe et XIXe siècles ; d’autres traditions divisent l’octave autrement, et une corde sans cases ou une voix peut faire sonner tout ce qui se trouve entre les échelons. - (Tendance — la musique tonale occidentale ; les chapitres 7 et 8 nomment les sept et le chapitre 14 traite des visiteurs) Un morceau puise dans sept des douze à la fois et traite les cinq autres comme des visiteurs, ce qui explique qu’une montée chromatique sonne comme un effet délibéré plutôt que comme une mélodie ordinaire. **Vous le savez déjà** - L’octave, la distance que cette montée couvre d’un bout à l’autre — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave - La bande de pas régulièrement espacés que vous avez parcourue — ce sont ces pas, sur une octave — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#high-and-low **Où cela mène** - Demi-tons et tons : comment s’appellent un échelon et deux échelons — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles - Choisir sept des douze, et pourquoi ce choix est précisément ce qu’est une gamme — https://musictheory.center/fr/cours/gammes **Dans la musique réelle** - Nikolaï Rimski-Korsakov — “Le Vol du bourdon” — presque toute la pièce est cette échelle, parcourue à toute allure vers le haut et vers le bas ; les quatre premières mesures à elles seules la montent et la descendent deux fois - The Beatles — “Michelle” — la ligne sous « Michelle, ma belle » descend un échelon à la fois et traverse des notes qui n’appartiennent à aucune tonalité de la chanson **Essayez sur votre instrument:** Partez de n’importe quelle note de votre instrument et jouez toutes les notes que vous trouvez en montant, sans en sauter aucune, jusqu’à retrouver la même note. Comptez-les. Redescendez ensuite par le même chemin. **Vérification:** Vous venez de monter d’une note jusqu’à la même note plus haut, en vous arrêtant à chaque échelon. Combien de pas la montée a-t-elle pris ? - Sept — Sept est le nombre de noms de notes, et le nombre de touches blanches que contient une octave de clavier. Cinq autres notes vivent entre elles, et cette montée s’est arrêtée sur les cinq. - Huit — Huit est l’origine du mot « octave » : do, ré, mi, fa, sol, la, si et do à nouveau font huit noms. Mais ce décompte passe devant les cinq notes qui n’ont pas de nom propre, et cette montée n’est passée devant rien du tout. - Douze **(correct)** — Exact. Douze pas remplissent l’octave, et le treizième son est la note de départ, une octave plus haut. Ces douze sont toutes les hauteurs dont dispose la musique occidentale. #### Pourquoi les pas sont égaux, et ce que cela coûte Les pas égaux sont un compromis, et savoir ce qui a été cédé explique une grande part de ce que vous entendez. Les intervalles que l’oreille préfère sont des rapports de fréquences simples — 2:1 pour l’octave, 3:2 pour la quinte, 5:4 pour la tierce — et si l’on accorde un clavier pour que ces rapports soient exacts dans une [tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is), ils deviennent franchement faux dans une tonalité éloignée. Pendant des siècles on s’en est simplement accommodé : les instruments étaient accordés pour les tonalités qu’une pièce employait réellement, et les tonalités lointaines sonnaient âpre à dessein. Diviser l’octave en douze pas identiques répare toutes les tonalités d’un coup en les rendant toutes très légèrement fausses. L’octave reste pure, puisque douze pas tombent exactement sur le doublement. Tout le reste est un peu désaccordé : une quinte du tempérament égal est environ deux centièmes plus étroite qu’une 3:2 pure, et une tierce majeure du tempérament égal environ quatorze centièmes plus large qu’une 5:4 pure — assez pour s’entendre comme un battement lent sur un accord tenu. Les chanteurs, les cordes et les trombones, qui ne sont pas fixés aux douze, corrigent discrètement vers les rapports purs : c’est pourquoi un chœur a cappella peut sonner plus doux sur un accord tenu qu’un piano ne le fera jamais. ### Nommer les notes https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#naming-notes > Écoutez l’échelle en montant, puis en descendant. Dites maintenant à voix haute comment vous appelleriez chaque note. Vous avez sans doute dit do, ré, mi — et une grande partie du monde emploie tout autre chose pour exactement les mêmes sons. **Joue:** L’échelle, en montant (C4 D4 E4 F4 G4 A4 B4 C5) · L’échelle, en descendant (C5 B4 A4 G4 F4 E4 D4 C4) Huit sons et sept noms : le huitième est à nouveau le premier, une octave plus haut. Les deux systèmes de dénomination du tableau ci-dessous montent cette même échelle, note pour note, et ne divergent sur rien d’autre que le nom à donner à chacune. Ces huit-là sont les notes nommées seulement — les cinq sans nom propre ne sont pas sur cette échelle, ce qui explique que ses pas ne soient pas tous de la même taille. | Syllabe | Lettre | Le son | | --- | --- | --- | | do | C | Do | | ré | D | Ré | | mi | E | Mi | | fa | F | Fa | | sol | G | Sol | | la | A | La | | si | B | Si | | do | C | Do | **nom de note** *aussi appelé*: H pour la note que le français appelle si (dans les pays germanophones, où un B seul désigne le si bémol et où H désigne le si naturel) **Définition.** Un nom de note est l’étiquette que porte une classe de hauteur : en français, l’une des sept syllabes de do à si, seule ou accompagnée d’un dièse ou d’un bémol — ou, dans les pays anglophones et germanophones, l’une des sept lettres de A à G, avec les mêmes signes à sa disposition. Les deux sont des systèmes parallèles, et non un système et sa traduction. Ni l’un ni l’autre ne dérive de l’autre, tous deux sont complets, et un musicien formé dans l’un appelle les notes par ces noms-là sa vie durant. Do est C, ré est D, mi est E, fa est F, sol est G, la est A, si est B, puis do à nouveau une octave plus haut. Chaque ligne du tableau porte un nom dans les deux colonnes, et aucune n’en porte dans une seule. Vous rencontrerez tout de même les lettres, et souvent : les chiffrages d’accords des grilles, des partitions pop et des méthodes de guitare les emploient partout dans le monde francophone. Am, C7, F♯m7 sont des accords bâtis sur la, do et fa♯, et personne n’écrit « Lam » sur une grille. Les lettres sont donc à lire comme le système des chiffrages d’accords plutôt que comme un vocabulaire étranger : il vaut la peine de savoir, sans hésiter, que B veut dire si et non si bémol. Les noms ne sont que des étiquettes. La fait 440 vibrations par seconde qu’on l’appelle la, A, ou autrement encore, et une œuvre ne devient pas une autre œuvre en franchissant une frontière. Ce site affiche les noms qu’emploie votre langue de lecture ; les sons qu’ils recouvrent, eux, ne changent pas. **Bon à savoir** - (Convention) Les syllabes do, ré, mi, fa, sol, la, si sont les noms courants des notes en France, en Belgique, en Suisse romande, au Québec, en Italie, en Espagne et en Amérique latine, où do est toujours C et ne bouge jamais. Les lettres A à G font exactement le même travail dans les pays anglophones et germanophones. Aucun des deux n’est une version pour débutants de l’autre. - (Convention) Dans une grande part du monde anglophone, les mêmes syllabes servent en **do mobile** : do est la note sur laquelle la musique est centrée à cet instant, et la septième syllabe s’y dit « ti » plutôt que si, afin que chaque syllabe commence par une lettre différente. Les deux pratiques s’appellent solfège et ne s’accordent pas sur ce que « do » veut dire : mieux vaut demander laquelle votre interlocuteur emploie avant de se disputer sur une note. - (Convention) Sept noms, avec leurs dièses et leurs bémols, couvrent toutes les notes d’un piano de quatre-vingt-huit touches, car les noms recommencent à chaque octave. Seul le chiffre d’octave distingue Do de Do et de Do. **Vous le savez déjà** - Les douze notes, dont sept portent un nom propre — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-twelve-notes - L’octave, la distance après laquelle chaque nom revient — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave **Où cela mène** - Où chacun de ces noms se place sur la portée, et comment la clé en décide — https://musictheory.center/fr/cours/notation-musicale - Do ré mi comme degrés numérotés d’une gamme majeure, depuis n’importe quelle note de départ — https://musictheory.center/fr/cours/gammes **Dans la musique réelle** - Richard Rodgers — “Do-Re-Mi (La Mélodie du bonheur)” — la leçon de do mobile par excellence, mise en musique — chaque phrase part d’un nom plus haut sur l’échelle ci-dessus, et la septième y est « ti, a drink with jam and bread » et non si ; le film la chante en si bémol, de sorte que do y désigne si bémol et non do - Lowell Mason — “Joy to the World” — la mélodie d’ouverture descend tout droit les huit noms de l’échelle, du do d’en haut au do d’en bas, sans en sauter un seul **Leçon:** https://musictheory.center/fr/lecons/notes-musicales **Essayez sur votre instrument:** Jouez sur votre instrument les sept notes de do à si et nommez chacune deux fois à voix haute : une fois par sa syllabe, une fois par la lettre qui lui correspond sur une grille d’accords. Repartez ensuite de sol, où les noms se suivent sol la si do ré mi fa — les mêmes sept noms, simplement commencés ailleurs — et recommencez. **Vérification:** Un guitariste vous tend une grille où figure l’accord noté G. Sur quelle note est-il bâti ? - Sol **(correct)** — Exact. Dans les chiffrages d’accords, les lettres sont clouées aux syllabes et ne bougent jamais : C est do, D est ré, E est mi, F est fa, G est sol. La note que vous venez d’entendre est celle-là. - Mi — Mi est E, la troisième lettre. Comptez depuis do et vous obtenez do C, ré D, mi E — mi est donc le troisième des sept noms, et sol le cinquième. - La — La est A, le sixième nom, un cran au-dessus de sol. C’est proche, et dans la bonne partie de l’échelle, mais un nom trop haut. ### Dièses, bémols et enharmonies https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sharps-flats-and-enharmonics > Écoutez les trois. Le premier fait un petit pas vers le haut, le deuxième un petit pas vers le bas, et ils arrivent au même endroit. Le troisième joue deux fois cet endroit d’arrivée, écrit de deux façons différentes. Guettez la moindre différence entre ses deux sons. **Joue:** Do, puis le pas au-dessus (C4 C#4) · Ré, puis le pas en dessous (D4 Db4) · Deux écritures, l’une après l’autre (C#4 Db4) Deux têtes de note côte à côte, et un seul son entre elles. La première est posée sur le do du milieu avec un dièse devant ; la seconde est posée sur le ré au-dessus avec un bémol devant. Noms différents, places différentes sur la portée — et la même touche sur un clavier, la même case sur une guitare, les mêmes 277 vibrations par seconde, atteintes par en dessous dans une écriture et par au-dessus dans l’autre. Le troisième bouton ci-dessus joue les deux têtes dans l’ordre, et vous n’entendrez pas la portée bouger. - **Dièse** — ♯ hausse d’un échelon le nom auquel il est attaché - **Bémol** — ♭ abaisse d’un échelon le nom auquel il est attaché - **Bécarre** — ♮ annule un dièse ou un bémol et rétablit le nom nu | Le son entre deux noms | Atteint par en dessous | Atteint par au-dessus | | --- | --- | --- | | Entre do et ré | Do♯ | Ré♭ | | Entre ré et mi | Ré♯ | Mi♭ | | Entre fa et sol | Fa♯ | Sol♭ | | Entre sol et la | Sol♯ | La♭ | | Entre la et si | La♯ | Si♭ | **enharmonie** **Définition.** Deux notes enharmoniques sont deux écritures d’un seul et même son : do♯ et ré♭ sont la même touche, la même case et le même nombre de vibrations par seconde, écrits en montant depuis le nom du dessous dans un cas et en descendant depuis celui du dessus dans l’autre. Ce sont les deux signes qui font le travail. Un dièse ♯ hausse d’un échelon, sur l’échelle à douze barreaux, le nom auquel il est attaché, et un bémol ♭ l’abaisse d’un échelon. Le son situé entre do et ré peut donc s’atteindre de deux façons — pousser do vers le haut, ou tirer ré vers le bas — et les deux trajets aboutissent au même son. Un bécarre ♮ annule l’un ou l’autre et remet le nom dans son état initial. Pourquoi garder deux noms pour un son ? Parce que les sept noms sont le squelette, et qu’on écrit la musique de façon que le squelette reste lisible. Un morceau emploie sept des douze à la fois, et ces sept-là sont écrits de sorte que chaque nom apparaisse exactement une fois : en ré majeur la troisième note s’écrit fa♯ et jamais sol♭, car sol est déjà pris par la quatrième, et écrire sol♭ mettrait deux sol et aucun fa dans une série de sept. L’écriture dit ce que fait une note ; le son, lui, n’en dit rien. Remarquez aussi quelles paires manquent au tableau. Il y en a cinq et non sept, parce que mi et fa ne sont déjà séparés que d’un échelon, et si et do de même. C’est toute la raison pour laquelle un clavier a ses touches noires groupées par deux et par trois au lieu d’en avoir une entre chaque paire de blanches. **Bon à savoir** - (Fait) Un échelon est la plus petite distance du système à douze notes : il n’y a absolument rien entre une note et celle où un dièse ou un bémol vous mène. Le chapitre 5 donne son nom à cette distance, le [demi-ton](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps). - (Convention) Do♯ et ré♭ nomment un seul son, et ils ne sont pas interchangeables à l’écrit pour autant. L’écriture correcte dépend de la [tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is) du morceau et de la direction que prend la ligne — une décision prise pour le lecteur, puisque le son est identique dans les deux cas. - (Contrainte — l’écriture à l’intérieur d’une [armure](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#why-key-signatures-exist), que le chapitre 8 expose en entier) Chacun des sept noms est employé exactement une fois : une note prend donc le signe qui maintient les noms dans l’ordre — fa♯ en ré majeur, jamais sol♭. - (Fait) Sur un piano ou un instrument à cases, les deux écritures sont physiquement la même note et ne peuvent pas être jouées séparément. Au violon, au trombone ou dans un chœur, elles peuvent sonner très légèrement différemment, car l’instrumentiste n’est pas lié aux douze pas fixes. **Vous le savez déjà** - Le tableau des douze, où les deux écritures figuraient déjà côte à côte — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-twelve-notes - Les sept noms, qui sont ce à quoi un dièse ou un bémol s’attache — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#naming-notes **Où cela mène** - Les altérations sur la portée : où le signe se dessine, et combien de temps il dure — https://musictheory.center/fr/cours/notation-musicale - Pourquoi une tierce mineure au-dessus de do s’écrit mi♭ et non ré♯ — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles **Dans la musique réelle** - Ludwig van Beethoven — “Lettre à Élise” — la célèbre ouverture alterne mi avec la note située un échelon plus bas, écrite ré♯ — le même son que mi♭, écrit par en dessous à cause de la direction que prend la ligne - Dave Brubeck — “Take Five” — le thème est écrit du côté des bémols : les cinq mêmes notes sans nom propre qu’un morceau du côté des dièses appellerait fa♯ et do♯ y apparaissent en sol♭ et ré♭ **Essayez sur votre instrument:** Sur votre instrument, jouez do puis la note située un échelon au-dessus, et dites à voix haute les deux noms de cette note. Jouez ensuite ré et la note située un échelon en dessous. Vérifiez de vos mains que vous êtes arrivé deux fois au même endroit. **Vérification:** Deux sons, l’un après l’autre. Le premier est écrit do♯ et le second ré♭. Même son, ou sons différents ? - Le même son **(correct)** — Exact, et rien n’a bougé : un seul son joué deux fois. Do♯ et ré♭ sont la même touche, la même case et les mêmes 277 vibrations par seconde — deux écritures d’une seule note, ce qui est précisément le sens d’« enharmonique ». - Le second est plus aigu — Un dièse hausse et un bémol abaisse : il est donc raisonnable de s’attendre à ce que les deux aboutissent à des endroits différents. Ce n’est pas le cas. Do haussé d’un échelon et ré abaissé d’un échelon arrivent au même endroit, parce qu’il y a exactement un échelon entre do et ré. - Le second est plus grave — Rien n’est descendu. Si vous avez entendu une chute, c’est l’écriture qui l’a produite et non le son — rejouez le bouton et comptez combien de hauteurs différentes il contient. La réponse est une. ### Points clés https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#key-takeaways - La hauteur dit si un son est aigu ou grave, et elle dépend de la vitesse à laquelle la source vibre : vibration plus rapide, son plus aigu. - Doubler la fréquence d’un son l’élève d’exactement une octave, ce qui explique qu’une note et la note à l’octave au-dessus portent le même nom. - La musique occidentale divise chaque octave en douze pas égaux, et ces douze notes, qui reviennent à chaque octave, sont toutes les hauteurs qu’elle emploie. - Sept des douze portent un nom propre ; les cinq autres s’écrivent soit avec un dièse depuis le nom du dessous, soit avec un bémol depuis le nom du dessus. - Les syllabes do à si sont les noms français des notes ; les lettres A à G font le même travail dans les pays anglophones et germanophones, et ce sont elles que vous lisez dans les chiffrages d’accords d’une grille. - Deux notes enharmoniques comme do♯ et ré♭ sont un seul son doté de deux écritures, et c’est la tonalité, non le son, qui décide laquelle est correcte. ### Questions **Quelle est la différence entre une note et une hauteur ?** La hauteur dit si un son est aigu ou grave, sur une échelle qui va sans rupture du grave à l’aigu. Une note est un point choisi sur cette échelle, doté d’un nom et généralement d’une durée. Toute note a une hauteur ; toute hauteur n’est pas une note, car la plupart tombent entre les douze. **Pourquoi n’y a-t-il que douze notes en musique ?** Parce que la musique occidentale divise l’octave en douze pas égaux et n’emploie que ceux-là. Douze est un choix, non une loi acoustique : d’autres traditions divisent l’octave autrement, et les instruments sans cases ni touches peuvent jouer tout ce qu’il y a entre. Douze a survécu parce que ce découpage rend toutes les [tonalités](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is) jouables sur un instrument fixe. **Do♯ est-il la même chose que ré♭ ?** Quant au son, oui : sur un piano ou une guitare, c’est la même touche et la même case, environ 277 vibrations par seconde. À l’écrit, ils ne sont pas interchangeables. L’écriture est choisie pour que chaque nom apparaisse une fois dans une [tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is), ce qui explique que ré majeur ait fa♯ et jamais sol♭. **Qu’est-ce qu’une octave ?** Une octave est la distance entre une note et la note du même nom la plus proche, au-dessus ou en dessous. La plus aiguë des deux vibre exactement deux fois plus vite. Le do du milieu fait environ 262 vibrations par seconde et le do au-dessus environ 523, ce qui explique que les deux se fondent en ce qui s’entend comme une seule note plus épaisse. **Pourquoi le la vaut-il 440 Hz ?** Par convention, et non par nature. Les orchestres avaient besoin d’une référence commune pour que des instruments fabriqués en des lieux différents s’accordent, et le la au-dessus du do du milieu à 440 Hz a été normalisé internationalement au XXe siècle. Beaucoup d’orchestres s’accordent encore à 442 ou 443, et les ensembles baroques emploient souvent 415. **Pourquoi les lettres commencent-elles à A, qui est le la, alors que la théorie part de do ?** Les lettres ont été attribuées à une gamme médiévale qui commençait sur le la, celle qu’on appelle aujourd’hui [mineure naturelle](https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-three-minors) : A est donc le la, B le si, et ainsi de suite. La théorie moderne part de do parce que les sept noms nus, joués à partir de do, forment une [gamme majeure](https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale) sans le moindre dièse ni bémol — la chose la plus simple à montrer du doigt sur un clavier. ### Autres langues - https://musictheory.center/course/pitch-and-notes/llms.txt - https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes/llms.txt - https://musictheory.center/es/curso/altura-y-notas/llms.txt