## 7. Gammes : majeures et mineures Une gamme est une suite ordonnée de notes prélevées dans l’octave selon un motif de pas fixe, et les gammes majeure et mineure sont les deux motifs sur lesquels repose presque toute la musique occidentale. Source: https://musictheory.center/fr/cours/gammes Niveau: Débutant · Matériaux · 6 sections Avant ce chapitre: Intervalles ### Ce qu’est une gamme https://musictheory.center/fr/cours/gammes#what-a-scale-is > Jouez les deux. Toutes deux partent de do et finissent sur le do au-dessus. L’une passe par toutes les notes intermédiaires ; l’autre en choisit sept et monte. Une seule donne l’impression d’arriver quelque part. **Joue:** Toutes les notes intermédiaires (C4 C#4 D4 D#4 E4 F4 F#4 G4 G#4 A4 A#4 B4 C5) · Sept notes choisies (C4 D4 E4 F4 G4 A4 B4 C5) Sept notes, puis la première de nouveau, une octave plus haut. Les écarts qui les séparent ne sont pas tous de la même taille, et c’est ce motif d’écarts irrégulier mais fixe que l’oreille reconnaît comme une gamme. | Parcours | Notes différentes | Écarts entre elles | Ce qu’on entend | | --- | --- | --- | --- | | Toutes les notes intermédiaires | 12 | Tous de la même taille | Une montée sans forme ; aucune note ne se détache comme point d’appui | | Sept notes choisies | 7 | Deux tailles, dans un ordre fixe | Une montée qui arrive, et une première note qui sonne comme le point d’appui | **gamme** **Définition.** Une gamme est une suite ordonnée de notes prises à l’intérieur d’une [octave](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave), choisies selon un motif de pas fixe. Les [douze notes](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-twelve-notes) sont la matière première, non la musique. Jouez-les toutes et rien ne se détache : tous les écarts sont égaux, donc aucune note ne peut prétendre être celle à laquelle on rapporte les autres. Retirez-en cinq dans un ordre déterminé et les sept qui restent acquièrent une hiérarchie — une note qui fait office de point d’appui, des notes qui penchent vers elle, des notes qui ne bougent pas. Deux choses font d’un ensemble de notes une gamme. Il est ordonné, c’est donc une montée ou une descente et non un accord ; et ses pas suivent un motif qui se conserve quelle que soit la note de départ. La plupart des gammes comptent de cinq à huit notes et se répètent à l’octave, si bien que les nommer une fois les nomme dans tous les registres. Le même ensemble de notes joué en descendant reste la même gamme. Ce qui change la gamme, c’est le motif des pas, puis la note traitée comme point d’appui — et c’est là toute la différence entre les deux gammes des deux sections suivantes. **Bon à savoir** - (Convention) Dans l’usage occidental, « gamme » désigne l’un de ces motifs de pas fixes, énuméré du grave à l’aigu. D’autres traditions organisent autrement la hauteur : un raga ou un maqam porte des phrases caractéristiques, des ornements et des règles sur les notes qui paraissent en montant et en descendant, toutes choses qu’une simple liste de notes ne retient pas. - (Fait) Une gamme se répète à l’octave : son motif est donc un cycle et non une ligne, puisque la note au-dessus de la dernière est de nouveau la première et que le motif recommence. **Vous le savez déjà** - Les douze notes de l’octave, vues au chapitre 2, le réservoir où puise toute gamme — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-twelve-notes - Les demi-tons et les tons, vus au chapitre 5, les deux tailles dont un motif est fait — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps **Où cela mène** - Une triade se construit en prenant une note sur deux dans une gamme — https://musictheory.center/fr/cours/accords **Dans la musique réelle** - Rodgers et Hammerstein — “Do-Ré-Mi” — la dernière phrase monte les sept notes une à une et retombe sur celle dont elle était partie - Traditionnel — “Ah ! vous dirai-je, maman” — tout l’air n’emploie que les sept notes d’une seule gamme, et chaque phrase retombe vers la première d’entre elles **Essayez sur votre instrument:** Sur votre instrument, jouez toutes les notes d’un do au do suivant, sans en omettre aucune. Jouez ensuite do, ré, mi, fa, sol, la, si et do, et rien d’autre. Faites-le deux fois pour chacune et écoutez laquelle des deux semble achevée en arrivant en haut. **Vérification:** Écoutez cette montée. Les écarts entre ses notes sont-ils tous de la même taille, ou certains diffèrent-ils ? - Certains écarts sont plus grands que d’autres **(correct)** — Exact. Deux des sept déplacements sont des demi-tons et cinq sont des tons, et c’est cette irrégularité qui donne une forme à la montée. L’endroit où tombent les deux petits déplacements est le sujet de la section suivante. - Tous les écarts sont de la même taille — C’est l’autre extrait ci-dessus, celui qui employait les douze notes : des écarts égaux jusqu’en haut, et aucune note qui fasse plus office de point d’appui qu’une autre. Cette montée-ci saute cinq notes, et certains de ses écarts sont donc deux fois plus grands que d’autres. - Les écarts se resserrent à mesure que ça monte — Les écarts changent bien, mais pas dans un seul sens. Rejouez la montée et guettez les deux endroits où la note suivante arrive plus tôt que prévu : entre la troisième et la quatrième note, et entre la septième et le sommet. ### La gamme majeure https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale > Jouez les deux. Toutes deux montent de do au do au-dessus. La seconde fait chaque fois un pas exactement de la même taille ; la première non. Laquelle des deux ressemble à de la musique que vous avez déjà entendue ? **Joue:** Montée irrégulière (C4 D4 E4 F4 G4 A4 B4 C5) · Montée régulière (C4 D4 E4 F#4 G#4 A#4 C5) Sept pas de do au do au-dessus : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton. Les deux demi-tons se repèrent aux notes les plus serrées l’une contre l’autre — entre la troisième note et la quatrième, et entre la septième et l’octave. Dans le tableau ci-dessous, 1 vaut un ton et ½ un demi-ton. | | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | --- | | Pas qui y mène | — | 1 | 1 | ½ | 1 | 1 | 1 | ½ | | Depuis do | Do | Ré | Mi | Fa | Sol | La | Si | Do | | Depuis sol | Sol | La | Si | Do | Ré | Mi | Fa♯ | Sol | **gamme majeure** **Définition.** Une gamme majeure est une gamme de sept notes bâtie sur un seul motif de pas fixe — ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton — appliqué depuis n’importe quelle note de départ. Tout son caractère tient à l’endroit où tombent les deux [demi-tons](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps). L’un se place entre la troisième note et la quatrième, l’autre entre la septième et l’[octave](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave), et c’est ce second demi-ton qui fait qu’une gamme majeure semble achevée quand elle atteint le sommet : le dernier déplacement est le plus petit qui soit, et l’arrivée paraît donc inévitable. Les noms de notes ne sont pas la gamme. Do majeur emploie do ré mi fa sol la si et se trouve n’avoir besoin d’aucun dièse ni d’aucun bémol, ce qui en dit long sur la disposition du clavier, et rien sur la gamme. Sol majeur applique le même motif depuis sol, et il lui faut un fa♯ à la septième note pour que le dernier pas reste un demi-ton ; ce fa♯ n’est pas un ornement, c’est le motif qui tient. Une gamme majeure compte sept notes différentes et s’écrit avec huit, parce que la huitième est de nouveau la première, une octave plus haut. L’écrire ainsi est ce qui referme le motif : sept pas pour partir, et l’on est rentré. **Bon à savoir** - (Fait) C’est le motif qui fait le son, non les noms de notes : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton depuis n’importe laquelle des douze notes produit une gamme majeure, et les douze sonnent comme une seule et même gamme déplacée. - (Convention) La huitième note d’une gamme majeure écrite est la première note une octave plus haut. La gamme contient sept notes ; on l’écrit avec huit pour que le demi-ton final soit visible. - (Convention) Do majeur est la seule gamme majeure qui n’ait besoin d’aucun dièse ni d’aucun bémol. Cela tient à l’endroit où sont tombées les touches blanches, et non à quoi que ce soit que cette gamme ferait autrement que les autres. **Vous le savez déjà** - Le ton et le demi-ton, vus au chapitre 5, les deux seuls déplacements du motif — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps - L’octave, vue au chapitre 2, où la huitième note se révèle être de nouveau la première — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave **Où cela mène** - Une armure écrit une bonne fois les dièses et les bémols d’une gamme, au début de la ligne — https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures **Dans la musique réelle** - Lowell Mason — “Joie dans le monde (Joy to the World)” — la phrase d’ouverture descend la gamme majeure complète, de l’octave à la note qui donne son nom à la gamme - The Beatles — “Let It Be” — la mélodie du couplet reste d’un bout à l’autre dans une seule gamme majeure, d’où son air si posé **Essayez sur votre instrument:** Jouez ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton depuis do sur votre instrument, puis depuis sol, puis depuis fa. Dites à voix haute le nom de chaque note en y arrivant, et arrêtez-vous si un pas vous semble de la mauvaise taille. **Vérification:** Écoutez. Cette montée est soit le motif ci-dessus, soit la même montée avec une note abaissée d’un demi-ton. Laquelle des deux ? - Une note abaissée : la troisième en partant du bas **(correct)** — Exact. La troisième note est descendue d’un demi-ton, de mi à mi bémol, et la clarté est partie avec elle. Une note sur sept, c’est toute la différence entre une couleur majeure et une couleur mineure. - Rien n’a changé — Quelque chose a bien bougé. Jouez la première pastille de cette section juste après et écoutez la troisième note de chacune : celle d’ici arrive plus bas, et la montée s’assombrit tôt et le reste. - Une note abaissée : la deuxième en partant du haut — La septième note est intacte ici, et c’est pourquoi la montée se referme encore fermement sur la note du sommet. Le changement s’est produit bien plus tôt, dans la première moitié de la montée. ### Les degrés de la gamme https://musictheory.center/fr/cours/gammes#scale-degrees > Jouez les trois. La première quitte le point d’appui et y revient. La deuxième monte et s’arrête à une note du retour. La troisième est le déplacement qui lui manquait. **Joue:** Aller et retour (C4 G4 C5) · Laissée en suspens (C4 D4 E4 F4 G4 A4 B4) · Le déplacement qui referme (B4 C5) Les sept notes de do majeur, l’octave par-dessus. La cinquième note, sol, est la plus forte après la première ; la septième, si, se tient à un demi-ton seulement du sommet et penche vers lui. | Degré | Nom | Note en do majeur | Ce qu’il fait | | --- | --- | --- | --- | | 1 | Tonique | Do | Le point d’appui. La note qui donne son nom à la gamme, et celle à laquelle on rapporte toutes les autres | | 2 | Sus-tonique | Ré | Un pas au-dessus de la tonique, et le plus souvent en route vers ailleurs | | 3 | Médiante | Mi | À mi-chemin entre 1 et 5. C’est sa hauteur qui rend la gamme majeure ou mineure | | 4 | Sous-dominante | Fa | Une quinte sous la tonique. Elle s’en écarte, et retombe souvent sur 3 | | 5 | Dominante | Sol | Une quinte au-dessus de la tonique, et la note la plus forte après elle. Elle prépare le retour | | 6 | Sus-dominante | La | À mi-chemin entre 4 et 8, une tierce sous la tonique. Elle adoucit la fin d’une phrase | | 7 | Sensible | Si | À un demi-ton sous la tonique, sur laquelle elle penche de tout son poids | | 8 | Tonique | Do | De nouveau le point d’appui, une octave plus haut : la même note que 1 | **degré** *aussi appelé*: do, ré, mi, fa, sol, la, si (solfège à do mobile, usage anglo-saxon et méthode Kodály, où les syllabes nomment des degrés et non des hauteurs fixes — l’inverse de l’usage français, où elles nomment les notes elles-mêmes), sous-tonique (nom du septième degré quand il se trouve à un ton sous la tonique, comme dans la mineure naturelle ; l’anglais dit subtonic et réserve leading tone à la sensible) **Définition.** Un degré est la position numérotée qu’une note occupe à l’intérieur d’une gamme, comptée vers le haut depuis la note qui donne son nom à la gamme. Les numéros voyagent, les noms de notes non. Le cinquième degré de do majeur est sol, celui de mi♭ majeur est si♭, et l’un et l’autre font le même travail dans leur gamme : c’est la note qui tire le plus fort vers la tonique. Voilà pourquoi les musiciens parlent par numéros. « Allez au cinquième degré » est une consigne valable dans toutes les [tonalités](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is) ; « allez sur sol » n’en vaut que dans une seule. Chaque degré porte aussi un nom, et ces noms sont de la géographie. La dominante est une quinte au-dessus de la tonique et la sous-dominante une quinte en dessous ; la médiante se place à mi-chemin entre la tonique et la dominante, la sus-dominante à mi-chemin entre la sous-dominante et l’[octave](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave). La sensible est celle dont le nom est une description : à un [demi-ton](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps) sous la tonique, elle y est sensible et ne demande qu’à y monter. Seule une gamme qui a un demi-ton sous sa note supérieure possède une sensible. La mineure naturelle a un ton à cette place, et son septième degré porte pour cette raison un autre nom : la sous-tonique. Deux noms parce que ce sont deux rôles, ce qui est le sujet de la section suivante. **Bon à savoir** - (Fait) Un numéro de degré nomme une position et non une note : le cinquième degré est Sol en do majeur et Si♭ en mi bémol majeur. - (Convention) Les noms des degrés sont hérités de la théorie médiévale et renaissante, et décrivent des distances à la tonique plutôt que quoi que ce soit qu’une oreille moderne doive entendre. Le français y gagne une distinction que l’anglais n’a pas : le septième degré s’appelle « sensible » quand il est à un demi-ton de la tonique et « sous-tonique » quand il en est à un ton, là où l’anglais emploie subtonic pour les deux situations. Dans la pratique, ce sont les numéros qui travaillent, et les noms sont le vocabulaire que la tradition leur a donné. - (Tendance — la musique tonale de la période classique, environ 1600–1900, et la musique populaire qui en a hérité les habitudes) Le septième degré monte à la tonique et le quatrième descend au troisième, et c’est pourquoi une phrase qui s’arrête sur la sensible sonne inachevée plutôt que simplement calme. **Vous le savez déjà** - Le motif de la gamme majeure, dont ces numéros comptent les positions — https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale - Les numéros d’intervalles, vus au chapitre 5, qui comptent les noms de notes exactement comme ceux-ci — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#number-and-quality **Où cela mène** - Un accord se nomme d’après le degré sur lequel sa note la plus grave est bâtie — https://musictheory.center/fr/cours/accords **Dans la musique réelle** - Harold Arlen — “Somewhere Over the Rainbow” — la première note de l’air est la tonique et la seconde est l’octave au-dessus — du degré 1 au degré 8 d’un seul bond - Traditionnel — “Joyeux anniversaire” — la dernière ligne retombe du quatrième degré au troisième et se pose ; la phrase précédente reste suspendue sur le cinquième **Essayez sur votre instrument:** Jouez les sept notes d’une gamme majeure sur votre instrument et arrêtez-vous sur la septième. Comptez jusqu’à quatre avant d’achever la montée. Recommencez ensuite depuis deux autres notes de départ. **Vérification:** Cette montée s’arrête à une note de la tonique. Quelle note vient ensuite ? - Do **(correct)** — Exact. La montée s’est arrêtée sur si, à un demi-ton de do, et ce demi-ton est la plus courte distance de la gamme. Presque personne ne prédit autre chose, et c’est bien le propos : la sensible ne vous laisse pas le choix. - La — Le la est la note que la montée venait de dépasser, un pas sous si. Redescendre laisserait la phrase exactement aussi inachevée qu’elle l’était ; l’attraction qu’on entend va vers le haut. - Ré — Ré est un ton au-dessus de la note où la montée s’est arrêtée, ce qui dépasse la tonique. Chantez la note que vous attendiez au lieu d’en choisir une, et vous vous retrouverez sur do. ### Les trois mineures https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-three-minors > Jouez les trois. Elles partent de la même note et leurs cinq premières notes sont identiques. Tout ce qui les sépare se passe près du sommet. **Joue:** Première version (A3 B3 C4 D4 E4 F4 G4 A4) · Deuxième version (A3 B3 C4 D4 E4 F4 G#4 A4) · Troisième version (A3 B3 C4 D4 E4 F#4 G#4 A4) La gamme de la mineur naturelle, qui monte d’un la au la suivant. Sa troisième note est un demi-ton plus bas que là où une gamme majeure partie du même la l’aurait placée, et c’est cette seule note qui porte la couleur plus sombre. Dans le tableau ci-dessous, 1 vaut un ton, ½ un demi-ton et 1½ un pas de trois demi-tons. - **Relatif** — Do majeur et la mineur emploient les sept mêmes notes et ne diffèrent que par celle qui sert de point d’appui : Do contre La. - **Homonyme** — Do majeur et do mineur partagent leur point d’appui et diffèrent par trois de leurs notes : les troisième, sixième et septième degrés sont chacun un demi-ton plus bas en do mineur — Mi devient Mi♭, La devient La♭, Si devient Si♭. - **Trouver le relatif mineur** — Comptez trois demi-tons sous la première note de la gamme majeure — une [Tierce mineure](https://musictheory.center/fr/intervalle/tierce-mineure) — et repartez de là avec les sept mêmes notes. | Forme | Pas depuis le la | Notes depuis le la | Où on l’entend | | --- | --- | --- | --- | | Mineure naturelle | 1 ½ 1 1 ½ 1 1 | La Si Do Ré Mi Fa Sol La | Le folk, le rock et la plupart des chansons en mineur ; la couleur mineure nue | | Mineure harmonique | 1 ½ 1 1 ½ 1½ ½ | La Si Do Ré Mi Fa Sol♯ La | La musique classique et la musique de film partout où une tonalité mineure doit se refermer fermement ; aussi le flamenco et une grande part des mélodies balkaniques et klezmer | | Mineure mélodique | 1 ½ 1 1 1 1 ½ | La Si Do Ré Mi Fa♯ Sol♯ La | Les mélodies classiques qui montent vers la tonique, et le jazz moderne, qui l’emploie dans les deux sens | **mineure naturelle** *aussi appelé*: le mode éolien (nomenclature modale, reprise au chapitre 9) **Définition.** Une gamme mineure naturelle est une gamme de sept notes bâtie sur le motif ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, ton, ton — une gamme majeure dont les troisième, sixième et septième degrés sont chacun abaissés d’un [demi-ton](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps). C’est l’abaissement de la tierce qui la rend mineure ; c’est celui de la septième qui la rend difficile à conclure. Une gamme majeure se referme par un demi-ton, de la sensible à la tonique. La mineure naturelle a un ton à cette place : le sommet de la montée arrive donc sans cette attraction finale, et la gamme sonne ouverte, modale, non résolue. Son septième degré n’est plus une sensible mais une sous-tonique. La mineure harmonique rétablit l’attraction. Haussez le septième degré d’un demi-ton — sol devient sol♯ en la mineur — et il y a de nouveau une sensible. Le prix, c’est l’écart laissé en dessous : trois demi-tons entre le sixième degré et le septième, plus large qu’aucun pas de gamme majeure, et c’est de là que vient sa sonorité. Ce pas s’écrit comme une seconde augmentée. La mineure mélodique aplanit cet écart en haussant aussi le sixième degré, si bien que la montée vers la tonique compte cinq tons et deux demi-tons — les deux mêmes tailles que dans une gamme majeure, dans un autre ordre. La tradition ne l’emploie qu’en montant et revient à la mineure naturelle en redescendant, parce qu’on n’a besoin de l’attraction vers la tonique que tant qu’on se dirige vers elle. Rien de tout cela ne fait trois gammes séparées : c’est une seule tonalité mineure avec des choix à l’intérieur, et les compositeurs haussent les sixième et septième degrés là où une ligne doit se refermer et les laissent tranquilles ailleurs, parfois à l’intérieur d’une même phrase. **Bon à savoir** - (Fait) La mineure harmonique contient un écart de trois demi-tons entre ses sixième et septième degrés. Aucune gamme majeure ne contient de pas aussi large, et c’est pourquoi on reconnaît cette gamme à ce seul déplacement. - (Tendance — l’harmonie de la période classique, environ 1600–1900, et l’écriture de film, de théâtre et de metal qui en a hérité) C’est la septième haussée de la mineure harmonique qui permet à une tonalité mineure de se refermer fermement : elle place un demi-ton sous la tonique et rend majeur l’accord bâti sur le cinquième degré, lequel attire alors vers la tonique. - (Convention) On enseigne la mineure mélodique comme une forme ascendante qui redevient mineure naturelle en descendant. Les jazzmen emploient la forme ascendante dans les deux sens et l’appellent mineure mélodique ou, pour lever l’ambiguïté, mineure jazz. - (Convention) Deux gammes sont dites [relatives](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#relative-and-parallel) quand elles partagent un ensemble de notes et ne diffèrent que par celle qui sert de point d’appui, et homonymes quand elles partagent ce point d’appui et diffèrent par leurs notes. Do majeur a pour relatif mineur la mineur, et pour mineur homonyme do mineur. **Vous le savez déjà** - La gamme majeure, le motif auquel ces trois-là sont toutes rapportées — https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale - Les tierces majeure et mineure, vues au chapitre 5, l’unique demi-ton qui change la couleur — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#number-and-quality **Où cela mène** - Gammes relatives et homonymes deviennent tonalités relatives et homonymes une fois écrites en armures — https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures **Dans la musique réelle** - R.E.M. — “Losing My Religion” — le couplet reste dans la gamme de la mineur naturelle — le motif de mandoline ne hausse jamais la septième, et les phrases ne se referment jamais tout à fait - Traditionnel — “Hava Nagila” — le large saut de la phrase d’ouverture est l’écart de trois demi-tons que contient la mineure harmonique, entendu depuis une autre note de départ **Essayez sur votre instrument:** Jouez le motif de la mineure naturelle à partir du la sur votre instrument. Rejouez-le avec la septième note haussée d’un demi-ton, puis une troisième fois avec la sixième haussée elle aussi. Reprenez ensuite les trois depuis ré, puis depuis mi. [Saisissez la version avec la septième haussée et voyez de quel mineur il s’agit](https://musictheory.center/fr/outils/trouver-la-gamme?n=A+B+C+D+E+F+G%23&t=A) **Vérification:** Écoutez cette montée d’un la au la suivant. Laquelle des trois versions est-ce ? - Mineure harmonique **(correct)** — Exact. La sixième note est restée basse et la septième a été haussée, ce qui laisse entre elles l’écart de trois demi-tons. Ce large pas près du sommet est le signe qui ne trompe pas, et aucune autre gamme de ce chapitre n’en possède. - Mineure naturelle — La mineure naturelle a un ton de sa septième note au sommet : elle arrive donc doucement et sans attraction, sur une sous-tonique et non sur une sensible. Cette montée-ci a poussé vers sa note finale, ce qui veut dire que la septième avait été haussée. - Mineure mélodique — La mineure mélodique hausse aussi la sixième, de sorte que les trois derniers pas sont ton, ton, demi-ton et que la montée est lisse. Ici il y a eu une secousse entre la sixième et la septième note : la sixième était restée là où la mineure naturelle la place. #### Pourquoi le mineur a trois formes et le majeur une seule Le majeur n’a jamais eu besoin de variantes : son septième degré se trouve déjà à un demi-ton de la tonique, si bien qu’une mélodie qui monte au sommet et un accord bâti sur le cinquième degré obtiennent tous deux ce qu’ils veulent des sept mêmes notes. Le mineur, non. La gamme qui donne la bonne couleur — celle dont la tierce est abaissée — donne du même coup un septième degré à un ton de la tonique, trop loin pour attirer quoi que ce soit. Les trois formes sont donc les trois réponses que les compositeurs ont apportées à un seul problème. La mineure naturelle accepte la conclusion faible et reçoit en échange une couleur modale, proche du folklore. La mineure harmonique répare l’harmonie et tolère un pas mélodique malcommode. La mineure mélodique répare aussi la mélodie, au prix d’une note empruntée au majeur qu’il faut ensuite rendre en redescendant. Aucune des trois n’est la vraie gamme mineure : c’est la [tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#what-a-key-is) qui compte, et les formes sont ce dont on dispose à l’intérieur. ### Construire n’importe quelle gamme https://musictheory.center/fr/cours/gammes#building-any-scale > Jouez le premier extrait. Il monte quatre notes depuis ré, puis s’arrête. Avant d’aller plus loin, trouvez ce que doit être la cinquième note — chantez-la si vous le pouvez — et jouez seulement ensuite le second extrait pour savoir si vous aviez raison. **Joue:** Quatre notes depuis ré (D4 E4 F#4 G4) · Toute la montée depuis ré (D4 E4 F#4 G4 A4 B4 C#5 D5) La gamme de ré majeur, obtenue en appliquant les mêmes pas depuis ré : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton. La cinquième note est le la. Rien n’a été appris par cœur pour y parvenir ; le motif a été suivi un déplacement après l’autre. | Déplacement | Depuis ré | Depuis mi bémol | | --- | --- | --- | | On part d’ici | Ré | Mi♭ | | Un ton au-dessus | Mi | Fa | | Un ton au-dessus | Fa♯ | Sol | | Un demi-ton au-dessus | Sol | La♭ | | Un ton au-dessus | La | Si♭ | | Un ton au-dessus | Si | Do | | Un ton au-dessus | Do♯ | Ré | | Un demi-ton au-dessus | Ré | Mi♭ | **formule de gamme** **Définition.** Une formule de gamme est le motif de pas d’une gamme écrit seul, sans aucun [nom de note](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#naming-notes), de sorte qu’on puisse l’appliquer depuis n’importe quelle note de départ. Construire une gamme à partir d’une formule demande quatre gestes. Choisissez la note de départ. Appliquez les pas dans l’ordre, en comptant chacun depuis la note où vous êtes et non depuis le bas. Orthographiez le résultat de façon que chacun des sept noms de notes serve une fois et une seule. Puis jouez-la, car l’oreille est le seul contrôle qui rattrape une erreur que le décompte a laissé passer. La règle d’orthographe travaille vraiment. Appliqué depuis fa, le troisième déplacement du motif tombe sur la touche située entre la et si, et cette note peut s’écrire la♯ ou si♭. Elle doit s’écrire si♭ : la gamme contient déjà un la, et une gamme de sept notes emploie chacun des sept noms une fois, si bien qu’écrire la♯ laisserait fa majeur avec deux la et pas le moindre si. Le son serait identique et la notation illisible. Voilà pourquoi la formule vaut mieux que les gammes qu’elle engendre — douze gammes majeures, écrites de quinze façons différentes une fois comptées les tonalités [enharmoniques](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sharps-flats-and-enharmonics). Apprenez ré majeur par cœur et vous savez ré majeur ; apprenez le motif et vous pouvez produire n’importe quelle gamme majeure, depuis n’importe quelle note, le temps de compter sept pas — y compris celles que vous ne travaillez jamais. **Bon à savoir** - (Fait) La formule se [transpose](https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures#transposing). La même suite de tons et de demi-tons depuis n’importe laquelle des douze notes produit une gamme majeure, et chacune d’elles sonne comme une seule et même gamme portée à une autre hauteur. - (Convention) Une gamme de sept notes emploie chacun des sept noms de notes une fois et une seule, ce qui décide de l’orthographe d’une note altérée : la quatrième note de fa majeur s’écrit si♭ et jamais la♯, bien que les deux sonnent pareil. - (Contrainte — la méthode pas à pas du tableau ci-dessus) Comptez chaque pas depuis la note où vous vous tenez, et non depuis la première note de la gamme. Recommencer le décompte depuis le bas à chaque fois est la manière la plus répandue de construire une gamme de travers. **Vous le savez déjà** - Le motif de la gamme majeure, qui est la formule appliquée ici — https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-major-scale - L’orthographe enharmonique, vue au chapitre 2, qui explique qu’un même son puisse s’écrire de deux façons — https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#sharps-flats-and-enharmonics **Où cela mène** - Compter les dièses et les bémols qu’une formule produit, c’est ainsi qu’on établit une armure — https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures **Dans la musique réelle** - Ludwig van Beethoven — “Hymne à la joie” — le thème se déplace presque entièrement par degrés conjoints à l’intérieur d’une seule gamme majeure, et c’est pourquoi chorales et orchestres le jouent depuis la note de départ qui les arrange - Traditionnel — “Frère Jacques” — la phrase d’ouverture monte les trois premières notes d’une gamme majeure et retombe sur la première, et le canon fonctionne depuis n’importe quelle note de départ **Essayez sur votre instrument:** Construisez une gamme majeure depuis trois notes de départ sur votre instrument : sol, puis mi bémol, puis si. Appliquez les pas un à un, dites à voix haute le nom de chaque note en y arrivant, et vérifiez à la fin que les sept noms de notes paraissent chacun une fois et une seule. [Tapez les notes que vous avez construites depuis sol et voyez si elles reviennent comme sol majeur](https://musictheory.center/fr/outils/trouver-la-gamme?n=G+A+B+C+D+E+F%23&t=G) **Vérification:** Fa majeur jusqu’ici : fa, sol, la. Quelle note vient ensuite ? - Si bémol **(correct)** — Exact. Le troisième déplacement du motif est un demi-ton : la monte donc à la note immédiatement suivante, et le nom doit être si puisque la gamme contient déjà un la. Ce sera donc si bémol, et cet unique bémol est tout fa majeur. - Si — Si bécarre est un ton au-dessus de la, et le motif demande un demi-ton à cet endroit. Si bécarre appartient à do majeur ; mettez-le dans fa majeur et le demi-ton tombe au mauvais endroit, une note trop haut. - La dièse — C’est le bon son — la dièse et si bémol sont la même touche — mais la mauvaise orthographe. La gamme a déjà un la, et chacun des sept noms de notes sert une fois, donc la note s’écrit si bémol. **Vérification:** La majeur jusqu’ici : la, si, do♯, ré, mi, fa♯. Il reste une note avant l’octave. Laquelle ? - Sol dièse **(correct)** — Exact. Le sixième déplacement du motif est un ton, de fa dièse à sol dièse, et il reste alors exactement un demi-ton de sol dièse à la. La gamme se referme, et le nom sol sert une fois, comme il le doit. - Sol — Sol bécarre n’est qu’à un demi-ton au-dessus de fa dièse, or le motif place son dernier demi-ton entre la septième note et l’octave, et non avant. Choisir sol ferait de ce dernier déplacement un ton jusqu’à la, là où le motif demande un demi-ton. - La — Le la est l’arrivée de cette gamme, non la note qui la précède. Y aller directement depuis fa dièse sauterait purement et simplement la septième note et laisserait la gamme avec six notes au lieu de sept. ### Gammes pentatoniques et gamme blues https://musictheory.center/fr/cours/gammes#pentatonic-and-blues > Jouez les trois. Chacune monte jusqu’à la note dont elle est partie, et chacune y arrive avec moins de notes que les montées de sept notes du début du chapitre. La troisième remet une note qu’aucune des deux autres ne possède. **Joue:** Cinq notes depuis do (C4 D4 E4 G4 A4 C5) · Cinq notes depuis le la (A3 C4 D4 E4 G4 A4) · Six notes depuis le la (A3 C4 D4 Eb4 E4 G4 A4) La gamme blues de la mineur : les cinq notes de sa pentatonique mineure, plus une note ajoutée un demi-ton sous la quatrième d’entre elles, mi — si bien que ré, mi bémol et mi se suivent désormais. Ces deux demi-tons sont les seuls de la gamme, et c’est de là que vient sa rugosité. | Gamme | Notes | Par rapport à la gamme de sept notes dont elle vient | Un morceau bâti dessus | | --- | --- | --- | --- | | [Do Pentatonique majeur](https://musictheory.center/fr/gamme/do-pentatonique-majeur) | Do Ré Mi Sol La | Do majeur sans ses quatrième et septième degrés — les deux notes qui penchent le plus fort | Amazing Grace | | [La Pentatonique mineur](https://musictheory.center/fr/gamme/la-pentatonique-mineur) | La Do Ré Mi Sol | La gamme de la mineur naturelle, sans ses deuxième et sixième degrés | Sunshine of Your Love | | [La Blues mineur](https://musictheory.center/fr/gamme/la-blues-mineur) | La Do Ré Mi♭ Mi Sol | La pentatonique mineure de la, avec une note ajoutée un demi-ton sous sa quatrième note | Smoke on the Water | **gamme pentatonique** **Définition.** Une gamme pentatonique est une gamme de cinq notes : toute gamme qui divise l’[octave](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave) en cinq pas plutôt qu’en sept. Les deux que vous rencontrerez sans cesse sont celles qui se tiennent à l’intérieur des gammes que vous connaissez déjà, et la soustraction est le moyen le plus rapide de les trouver. Retirez les quatrième et septième degrés d’une gamme majeure — les deux notes qui penchent le plus fort, et celles qui portent ses deux [demi-tons](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps) — et il reste do ré mi sol la, ouvert, lumineux et presque impossible à faire sonner faux. Retirez les deuxième et sixième degrés d’une mineure naturelle et vous obtenez la do ré mi sol. Ce sont les cinq mêmes notes que la pentatonique majeure de do, et elles n’en diffèrent que par celle qui sert de point d’appui, exactement comme la mineur diffère de do majeur. La gamme blues est la pentatonique mineure augmentée d’une note : une note située un demi-ton sous le cinquième degré de la tonalité, c’est-à-dire sous la quatrième des cinq notes de la pentatonique. On l’écrit comme une quinte abaissée et on l’appelle la blue note ; elle n’appartient ni à la gamme majeure ni à la gamme mineure de la tonalité — et c’est précisément pour cela qu’elle fonctionne, en note venue du dehors, traversée plutôt que posée. Rien de tout cela ne fait des gammes pentatoniques des versions simplifiées de vraies gammes. Elles sont plus anciennes que le système à sept notes et apparaissent indépendamment dans les musiques chinoise, ouest-africaine, celtique, andine et amérindienne, ce qui donne à penser que l’oreille y va d’elle-même. Les déduire par soustraction est une entrée commode pour qui connaît déjà la gamme majeure, non un récit de leur origine. **Bon à savoir** - (Fait) La pentatonique majeure et la pentatonique mineure ne contiennent aucune paire de notes distantes d’un demi-ton. Les gammes de sept notes dans lesquelles on les taille en contiennent chacune deux, et c’est exactement leur retrait qui fait passer de sept notes à cinq. D’autres gammes de cinq notes contiennent bel et bien des demi-tons — les gammes japonaises hirajoshi et iwato entre autres — c’est donc une propriété de ces deux-là et non de toute pentatonique. - (Fait) Une pentatonique majeure et la pentatonique mineure située trois demi-tons plus bas contiennent les cinq mêmes notes : Do Ré Mi Sol La et La Do Ré Mi Sol forment un seul ensemble avec deux points d’appui différents. - (Tendance — la pratique du rock, du blues et du folk) Une mélodie ou un solo reste dans une seule gamme pentatonique pendant tout un morceau, parce qu’aucune de ses cinq notes ne grince contre les accords du dessous et qu’aucune n’a besoin d’être résolue. - (Convention) La note ajoutée de la gamme blues s’écrit comme une quinte abaissée et s’appelle la blue note. Chanteurs et guitaristes visent souvent, par un bend ou un glissé, quelque part entre elle et la note au-dessus plutôt que l’une ou l’autre exactement : une hauteur que la notation ne sait pas montrer. **Vous le savez déjà** - La gamme de la mineur naturelle, les sept notes dans lesquelles la pentatonique mineure est taillée — https://musictheory.center/fr/cours/gammes#the-three-minors - Les degrés, les numéros qui disent quelles deux notes ont été laissées de côté — https://musictheory.center/fr/cours/gammes#scale-degrees - Le demi-ton, vu au chapitre 5 — le déplacement dont ces gammes de cinq notes ne contiennent aucun, et celui que la gamme blues remet — https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps **Où cela mène** - Jouer les sept mêmes notes depuis un autre point d’appui donne les modes — https://musictheory.center/fr/cours/modes - Une tonalité rassemble une gamme, les dièses et bémols dont elle a besoin, et les accords qui vont avec — https://musictheory.center/fr/cours/tonalites-et-armures - Empiler une note sur deux dans une gamme donne les accords qui lui appartiennent — https://musictheory.center/fr/cours/accords **Dans la musique réelle** - Traditionnel — “Amazing Grace” — toute la mélodie emploie cinq notes et pas une de plus — on n’y trouve nulle part ni quatrième ni septième degré - The Temptations — “My Girl” — le motif de guitare initial monte une gamme pentatonique majeure, une note après l’autre, avant l’entrée du chant - Deep Purple — “Smoke on the Water” — la seconde phrase du riff glisse la note supplémentaire qui sépare la gamme blues de la simple pentatonique mineure **Leçon:** https://musictheory.center/fr/lecons/pourquoi-apprendre-les-gammes **Essayez sur votre instrument:** Jouez les cinq notes de la pentatonique mineure à partir du la sur votre instrument, en montant puis en descendant, jusqu’à y parvenir sans regarder. Ajoutez ensuite la note située un demi-ton sous la quatrième d’entre elles et jouez de la même façon la version à six notes. [Saisissez les cinq notes et voyez toutes les gammes auxquelles elles appartiennent](https://musictheory.center/fr/outils/trouver-la-gamme?n=A+C+D+E+G&t=A) **Vérification:** Écoutez cette montée. Combien de notes différentes emploie-t-elle avant de retrouver celle dont elle est partie ? - Cinq **(correct)** — Exact. Cinq notes, puis de nouveau la première : do, ré, mi, sol, la, do. On entend les deux endroits où la montée saute au lieu de marcher, là où se trouvaient les notes retirées. - Sept — Sept, c’est une gamme majeure, et cette montée-ci est plus courte. Jouez la deuxième pastille de la première section juste après et recomptez : celle-là met sept déplacements pour atteindre le sommet, celle-ci en met cinq. - Six — Six, ce serait la gamme blues, la troisième pastille ci-dessus. Celle-là a deux notes très rapprochées vers le milieu ; cette montée-ci ne met jamais deux notes à un demi-ton l’une de l’autre. ### Points clés https://musictheory.center/fr/cours/gammes#key-takeaways - Une gamme est une suite ordonnée de notes prélevées dans l’octave selon un motif de pas fixe. - La gamme majeure est ce motif appliqué depuis n’importe quelle note de départ : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton. - Les degrés numérotent les positions à l’intérieur d’une gamme, et chaque numéro fait le même travail dans toutes les tonalités. - Le mineur vient en trois formes — naturelle, harmonique et mélodique — qui ne diffèrent que par leurs sixième et septième notes. - Des gammes relatives partagent leurs notes et diffèrent par leur point d’appui ; des gammes homonymes partagent ce point d’appui et diffèrent par trois de leurs notes. - N’importe quelle gamme se construit en appliquant sa formule un pas à la fois, et c’est pourquoi le motif vaut mieux que la liste. - Les gammes pentatoniques ont cinq notes et la gamme blues six, et à elles deux elles portent l’essentiel du rock, du blues et du folk. ### Questions **Quelle est la différence entre gamme majeure et gamme mineure ?** Ce sont toutes deux des gammes de sept notes, et elles diffèrent par l’endroit où tombent les [demi-tons](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps). Une gamme majeure les place entre ses troisième et quatrième notes et entre sa septième et l’octave. Une gamme mineure abaisse les troisième, sixième et septième degrés, ce qui déplace ces demi-tons et assombrit la couleur. **Combien y a-t-il de gammes ?** Il y a douze gammes majeures, une depuis chaque note de l’[octave](https://musictheory.center/fr/cours/hauteur-et-notes#the-octave), et douze de chaque forme mineure. Si l’on compte tous les motifs en usage dans le monde — pentatoniques, blues, modaux, symétriques et bien d’autres — le nombre se chiffre en centaines. Apprendre les motifs plutôt que les gammes une à une garde la chose maniable. **Qu’est-ce qu’une gamme pentatonique ?** Une gamme pentatonique compte cinq notes au lieu de sept. La pentatonique majeure laisse tomber les quatrième et septième degrés d’une gamme majeure ; la pentatonique mineure laisse tomber les deuxième et sixième degrés d’une mineure naturelle. Ni l’une ni l’autre ne contient de demi-ton, et c’est pourquoi chacune de leurs notes se pose sans peine sur les [accords de la tonalité](https://musictheory.center/fr/cours/harmonie-diatonique#chords-in-a-key). **Pourquoi la mineure harmonique a-t-elle une septième haussée ?** La mineure naturelle place un [ton](https://musictheory.center/fr/cours/intervalles#half-steps-and-whole-steps) sous sa tonique : son septième degré est une sous-tonique, et rien ne penche donc vers la tonique. Hausser la septième d’un demi-ton en refait une sensible et rend majeur l’accord bâti sur le cinquième degré. Le prix à payer est un écart de trois demi-tons entre la sixième et la septième note. **Par quelle gamme commencer ?** Apprenez d’abord la gamme majeure, en do puis en sol et en fa, parce que tous les autres motifs de ce chapitre lui sont rapportés. Ajoutez ensuite la mineure naturelle, puis la pentatonique mineure si vous improvisez. Trois motifs, appliqués depuis douze notes de départ, couvrent l’essentiel de ce que vous rencontrerez. ### Autres langues - https://musictheory.center/course/scales/llms.txt - https://musictheory.center/fr/cours/gammes/llms.txt - https://musictheory.center/es/curso/escalas/llms.txt